salle d’attente

il existe une version plutôt comique et plutôt sérieuse de l’histoire qui nous réunit.

Ici, dans ce lieu improbable, austère – sans doute bien trop austère, vraiment peu accueillant – des rendez-vous ont été fixés, reportés, proposés à nouveau, annulés,
de grandes patiences se sont lassées,
on entendait chuchoter, des ombres circulaient, des espérances fantômatiques apparaissaient, s’évanouissaient..

Voici que résonnent  – de façon assourdie, certes, mais clairement -  les trois coups qui annoncent.

Le rideau rouge ne s’ouvre pas encore mais il tremble. Derrière lui, nous nous activons, nous vivons les derniers désordres, les dernières fièvres, les derniers désespoirs.

Huit semaines nous séparent de …de quoi ? de la parution, nous séparent des
kiosques et des librairies. Nous séparent de…de qui ? de vous.

Pendant ce temps, nous nous approcherons ici, sur cette petite scène un peu blog, à peine site, et nous vous donnerons à lire, à entendre, à regarder – à transmettre, j’espère – de brèves interventions quotidiennes, imaginées par Béatrice Leca, par Christian Perrot, par Francis Marmande, par Selim Nassib, par moi et par d’autres.

Ce ne sera qu’un carnet de notes – le scrapbook de L’Impossible.

L’Impossible sera en vente chaque mois. Numéro 1 le 7 mars.

 

 

En vie

Aucune action criminelle ne vient à bout de l’espérance. Ce qui provoque le désespoir ne peut rien contre l’espérance. Le désespoir est un cri de l’espérance. L’espérance suppliciée hurle et c’est le désespoir. Mais l’espérance, ténue, si faible espérance, vibre et vit, nous veille.
Les mots que nous arrache le principe de vie, la vie (encore), avec eux j’écrirai, nous écrirons l’Impossible, grâce à eux nous réunirons – le journal qui vient c’est aussi simple que ça, c’est aussi sérieux que ça.
M.B.

Bonjour, vous autres,

Je travaille, je réfléchis, afin d’être capable de créer (d’ici 11 à 12 semaines désormais) un hebdomadaire vendu en kiosques et par abonnements. Je l’ai dit lors de l’inauguration de ce site, je le redis 7 mois plus tard jour pour jour, je ne désire pas substituer à ce « journal – objet réel – papier » à venir un journal virtuel sur internet.
Plus tard, (bientôt), ceux et celles qui écriront, publieront dans l’Impossible, animeront ce site et lui donneront l’allure et le contenu qui conviennent.
Pour le peu de semaines, pour le peu de jours, qui nous séparent du numéro 1, je serai, sauf exceptions, le seul à écrire ici.
Parce que n’existera ainsi aucune ambiguïté : ce que vous pourrez lire (et commenter) ne sera en rien la préfiguration de l’hebdomadaire.
…..
S’il ne s’était agi, s’il ne s’agissait que de donner naissance à un nouveau journal – papier,
vous savez ou devinez, à juste titre, que la tâche serait immense.
Vaincre le scepticisme ou le catastrophisme règnants, trouver les financements nécessaires, constituer une équipe, définir un « concept » – comme on dit désormais – il y faut une jeunesse, voire une santé, que je n’ai plus depuis longtemps, des moyens voire des relations qui me font en tout défaut…
Je parle de ces embarras qui parfois deviennent des empêchements pour que vous compreniez pourquoi ça n’avançait pas toujours à la vitesse qui nous aurait rassurés, vous et moi.
…..
Mais il s’agit de tout autre chose.
…..
Je veux que ce journal hebdomadaire soit une pure et simple et singulière et inédite merveille.
Je veux qu’il change l’état d’esprit de ceux et celles qui le liront.
Je veux qu’il soit source de vie, d’intelligence, de pensée et de rêve pour ceux et celles qui le liront.
Je veux qu’il soit dans les mains, dans les sacs ou les cartables, dans les poches de vêtements, sur les meubles, les tables, les lits, parmi les affaires de ses lecteurs, de ses lectrices – ainsi que dans leurs conversations, dans leurs rêveries, dans leurs pensées – la présence matérielle d’un désir ardent de vivre en ce monde, de l’habiter, d’en prendre soin, de tenter de lui donner sa couleur juste, celle que nous cherchons dans l’art, dans les textes, dans la nuit, dans la solitude, dans l’amitié, dans le silence, dans l’amour, dans la mer, dans les forêts, dans la contemplation de l’animal, dans toutes les figures de l’espérance.
…..
Vous qui me lisez en souriant, en doutant, en vous étonnant, faites-moi confiance – je n’oserais pas écrire cela d’un livre à venir, ni d’une oeuvre, pourtant je ne m’en désiste pas :
L’Impossible sera ce que j’en annonce.
…..
Rejoignez-nous. Adhérez à l’association. Abonnez-vous. Abonnez vos proches. Rejoignez-nous.

Michel Butel.

AGGIORNAMENTO

Il nous a fallu du temps pour en arriver là. Pour arriver là. Pour revenir. Nous nous en excusons auprès de vous, adhérents de l’association, abonnés au journal à venir, visiteurs du site. Les choses vont se remettre en place, se mettre en place. Ce qui signifie : répondre à vos courriers. Vous informer ici de l’avancée du projet, des problèmes qui se posent à nous, des réponses que leur nous donnons. Et publier des textes. A commencer par une chronique de Michel Butel qui paraîtra plusieurs fois par semaine avant d’être, dans les plus brefs délais, quotidienne.
L’Impossible, journal hebdomadaire, sera vendu en kiosques et sur abonnements. On le trouvera également (de façon marginale) dans quelques librairies. Nous espérons aussi le vendre (de façon symbolique) à la criée.
La date de sortie du numéro 1 ne sera pas fixée avant la mi-septembre. Dans le meilleur des cas, ce sera mi-octobre. Au plus tard, mi-novembre.

 

Monologue

1 – Je commence aujourd’hui, 31 janvier 2011, ce monologue. Il annonce un journal, l’hebdomadaire « L’impossible », qui paraîtra en kiosque au début du beau mois de mai.

2 – Ceci est un jeu, le plus sérieux des jeux. Créer un journal (un journal-papier, en France, en 2011) est un jeu. Un jeu très sérieux. Un jeu à considérable enjeu.

3 – La rue arabe par un mouvement de prodige sort de la léthargie terrible, sort du coma des peuples, des sociétés, des civilisations même (parfois). C’est un jeu. Le jeu entre tous sérieux.

4 – Le jeu des enfants qui inventent des histoires drôles sous les bombes, le jeu des mères qui inventent la nourriture de leurs enfants dans les camps de réfugiés, le jeu des exténués qui franchissent les frontières les séparant de l’eldorado, c’est un jeu tragique mais c’est un jeu.

5 – Le jeu des aventures de l’anormale vie normale, celles de la pensée, celles de l’art, celles des amitiés ou des amours, c’est un jeu d’insensés mais c’est un jeu.

6 – Tous ces jeux portent le même nom : l’impossible.

7 – Il n’est de vivant que l’impossible. En politique, dans la vie privée, en art, dans les sciences.

8 – Le mot impossible désigne le lieu de vie. Il propose d’aller là. Il sous-entend : ne recommençons pas, n’imitons pas, ne continuons pas.

9 – Parce que ce jeu, ce mot, évoquent la nécessité d’une rupture, ils effraient.

10 – Une autre fois, demain sans doute, je dirai des phrases plus calmes à propos d’événements dans le siècle et dans nos vies. Par exemple, la crise de la presse (je m’étais déclaré candidat à la direction du Monde, j’en parlerai). Par exemple, la crise idéologique, politique et économique où nos experts et nos intellectuels trouvent matière plaisante à barboter et radoter.

11 – Lisez John Berger. Lisez Marina Tsvetaïeva. Lisez Jean-Christophe Bailly. Lisez Anna-Maria Ortese. Lisez Paul Celan. Lisez Alejandra Pizarnik. Vous entendrez la voix tremblée qui cherche la note impossible. Comme dans la rue des révolutions. Comme dans notre journal, bientôt.

Michel Butel